Test de 007 First Light, le jeu d'espionnage ultime !

Test 007 First Light

  Je dois vous l'avouer, l'attente fut interminable. Quatorze longues années se sont écoulées depuis la dernière véritable incursion de l'agent secret le plus célèbre de la planète sur nos consoles. Mais cette traversée du désert en valait largement la peine. Avec 007 First Light, le studio IO Interactive (les génies derrière la franchise Hitman) ne se contente pas de ressusciter une simple licence d'espionnage, il la réinvente de fond en comble. Oubliez le James Bond cynique, froid et intouchable, nous incarnons ici un jeune agent de 26 ans, membre de la Royal Navy, brut de décoffrage, qui n'a pas encore obtenu son précieux matricule double zéro. Ce postulat de départ, absolument brillant, permet de vivre de l'intérieur la genèse du mythe, de ses premiers pas explosifs en Islande jusqu'à sa formation complexe au sein du MI6.

  Le gameplay puise logiquement son ADN dans le savoir-faire titanesque d'IO Interactive. L'infiltration est reine, la liberté d'approche est vertigineuse, mais le tout a été merveilleusement adapté au profil d'un espion de Sa Majesté. La subtilité majeure de cet opus réside dans sa gestion novatrice de la létalité. En effet, Bond n'est pas un assassin assoiffé de sang comme pourrait l'être l'Agent 47. Le jeu vous pousse intelligemment à neutraliser vos ennemis en douceur et à privilégier l'observation. Le fameux permis de tuer n'est d'ailleurs pas un acquis de départ, mais bien une mécanique contextuelle sous haute tension : vous ne pouvez dégainer votre arme mortelle que si votre propre vie est directement menacée. Cette restriction formidable force à redoubler d'ingéniosité, en utilisant à merveille l'arsenal furtif fourni par l'incontournable Q (montre de piratage, téléphone à fléchettes soporifiques, lentilles d'analyse environnementale).

First Light est dans la lignée de ces grands jeux narratifs qui ont fait foi ces dernières années, comme Uncharted ou The Last of Us, le tout avec un résultat proche d’une œuvre cinématographique pure.

  L'intrigue, profondément ancrée dans les problématiques de notre époque, nous confronte à une intelligence artificielle toute-puissante qui a infiltré et retourné les systèmes de renseignement mondiaux. On retrouve avec un plaisir infini les figures emblématiques de l'univers : de M, redoutable directrice qui apprend à gérer la fougue de notre héros, à Moneypenny, alliée indispensable sur le terrain. De l'Islande glaciale aux ruelles vibrantes d'un hôtel au Vietnam, le rythme de l'aventure, qui s'étale sur une généreuse vingtaine d'heures, alterne avec brio entre enquête minutieuse, dialogues ciselés et séquences d'action explosives dignes des meilleures productions hollywoodiennes. On ressent d'ailleurs énormément l'influence de Casino Royale dans l'écriture de ce jeune Bond arrogant mais vulnérable.

  Visuellement, c'est une véritable claque. J'ai eu la chance de tester le jeu sur playstation 5 Pro, et le moteur graphique repousse les limites du genre. La modélisation des visages frôle le photoréalisme, les animations sont d'une fluidité bluffante, et la gestion du vent dans les cheveux ou les reflets de l'eau laissent sans voix. Le clou du spectacle reste les combats au corps-à-corps, nerveux et hyper chorégraphiés, qui m'ont fortement rappelé l'exigence d'un jeu comme Sifu. On utilise l'environnement à son avantage (tables, murs, imprimantes) pour fracasser ses adversaires dans un déluge de castagne terriblement satisfaisant. Et que dire du frisson ressenti en prenant le volant d'une Aston Martin de collection ?

MON VERDICT

EXCELLENT
17

007 First Light n'est pas seulement le meilleur jeu James Bond de tous les temps, c'est un très grand jeu d'infiltration et d'action, point barre. IO Interactive a réussi un tour de force magistral en combinant la liberté tactique d'un Hitman, l'exigence martiale d'un Sifu et la mise en scène spectaculaire d'un Uncharted. L'idée de raconter la formation d'un jeune Bond, avec la mécanique astucieuse du "permis de tuer" conditionnel, apporte une fraîcheur incroyable à la licence. L'expérience visuelle et sensorielle est folle, portée par des gadgets jouissifs et une rejouabilité au top via le mode TacSim. Si je lui accorde l'excellente note de 17/20 et non la note maximale, c'est pour deux ombres au tableau : une intelligence artificielle qui souffle parfois le chaud et le froid, devenant sourde et aveugle en phase furtive, et surtout, le manque cruel et impardonnable de VF. Ne pas avoir de doublage français sur une œuvre aussi profondément cinématographique brise inévitablement l'immersion pour les joueurs francophones. Malgré cela, c'est un chef-d'œuvre et un candidat très sérieux au titre de jeu de l'année. Foncez !

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