On entend souvent dire que la "French Touch" a quelque chose de spécial dans le jeu vidéo, une capacité à marier l'art et le gameplay d'une façon unique. En ce début d'année 2026, le studio Douze Dixièmes nous livre une preuve éclatante de ce savoir-faire avec MIO: Memories in Orbit. Après avoir passé environ 12 heures sur la version PC à explorer les entrailles de l'Arche, je n'ai pas encore vu le bout de l'aventure tant elle est dense, mais j'en ai vu assez pour affirmer que nous tenons là l'une des premières perles de l'année.
L'histoire nous place dans la peau de MIO, un androïde qui se réveille dans l'Arche, un vaisseau gigantesque en ruine. Le scénario se dévoile par petites touches, via une narration environnementale soignée et des dialogues cryptiques. Qu'est-ce qu'une Perle ? Où sont les Voyageurs ? C'est un conte de science-fiction fort, qui pousse à la curiosité. En tant que Metroidvania pur sang, l'exploration est au cœur du jeu. L'Arche est tentaculaire, interconnectée et regorge de secrets. J'ai particulièrement apprécié le choix de ne mettre à jour la carte que lors des repos aux checkpoints (les Superviseuses), nous forçant à avancer un peu à l'aveugle.
UNE ESTHÉTIQUE ENVOÛTANTE, UN DÉFI CORSÉ
Ce qui frappe dès les premières secondes, c'est l'identité visuelle du titre. MIO adopte un style "dessiné main" absolument superbe, avec des contours façon coup de crayon qui donnent une texture folle aux décors. Loin d'être plat, le jeu utilise un moteur 3D pour offrir une profondeur de champ saisissante. Les couleurs, tantôt pastel, tantôt vives, insufflent une âme à chaque zone, avec un effet aquarelle très réussi. Le tout est porté par une bande-son mémorable, utilisant des chœurs pour souligner la mélancolie ou l'épique de certaines situations.
Manette en main, MIO est un plaisir, mais un plaisir qui se mérite. Le gameplay est très aérien : votre personnage dispose d'un double saut qui se réinitialise à chaque fois qu'il touche quelque chose. Cela crée un "flow" unique où l'on doit enchaîner les mouvements sans toucher le sol. Attention cependant, la plateforme demande de la finesse et de la précision. L'erreur est souvent punitive.
J'ai passé la majeure partie de mes 12 heures de jeu avec une barre de vie très courte (4 ou 5 PV maximum), ce qui maintient une tension constante, parfois frustrante. De plus, l'économie du jeu (la "Nacre") est cruciale au début mais devient vite abondante, rendant les achats un peu trop triviaux dans la seconde moitié de mon aventure. Heureusement, ces petits défauts n'entachent pas la qualité globale du voyage.
MON VERDICT
Après une douzaine d'heures de jeu, le constat est clair : nos Français ont du talent. MIO: Memories in Orbit comprend parfaitement les forces du genre. Il propose un défi exigeant sans être injuste, enveloppé dans un écrin artistique qui ne cesse d'émerveiller. Malgré une économie un peu bancale et une exigence qui pourra en rebuter certains, c'est une œuvre belle, poétique et prenante que je recommande chaudement. Une véritable pépite.