Vous aimez les moutons ? Oui ? Mince. Même quand ils mangent des gens, font la taille d'un petit immeuble et ont trois paires de bras ? Bienvenue dans Reanimal. C'est un véritable retour aux sources pour Tarsier Studios, l'équipe derrière les célèbres Little Nightmares. Les voir revenir sur le terrain de l'épouvante a des airs de déjà-vu réconfortant, mais aussi absolument terrifiant lorsque l'on connaît les étrangetés qui sortent de ce studio suédois.
J'ai parcouru le jeu sur PS5 et Reanimal perpétue la tradition. Fort de la maîtrise de Tarsier en la matière, son aventure horrifique marque par son aspect visuel mémorable et son gameplay simple mais efficace, qui sert surtout de support à l'horreur.
INTERPRÉTATION RIME AVEC CONTEMPLATION
Reanimal raconte l'histoire de ses deux protagonistes partis à la recherche de leurs amis éparpillés un peu partout dans un monde étrange et sombre. Une narration dispensée savamment, plus au moyen de courtes cinématiques silencieuses que de grands dialogues, comme pour laisser la porte ouverte à l'interprétation. C'est d'ailleurs la force de l'histoire : ces quelques lignes directrices permettent de faire vôtres les thèmes et symboles du jeu.
Si Reanimal ne parle pas beaucoup, il montre énormément. Le visuel est la langue native du jeu. Presque tout passe par l'image et Tarsier démontre amplement sa maîtrise de l'horreur à chaque minute. Les couleurs ternes et sombres font mieux éclater les moments où le jeu se permet un tout petit peu de joie visuelle. Les créatures sont toutes affreusement mémorables, même quand il s'agit simplement de statues d'enfants. Reanimal n'a pas peur de montrer des images parfois lourdes, de quoi faire froncer les sourcils de n'importe qui.
ENTRE FUITE ET RÉFLEXION
Pour arpenter le pays des horreurs, nos deux amis ont un petit bateau qui les aidera à traverser la mer séparant les lieux importants du jeu. Ces "niveaux" se déroulent tous dans des lieux divers (mais tous aussi glauques) avec leurs propres spécificités. Une ville en ruine habitée par le Renifleur auquel il faut absolument échapper à coups de phases de discrétion, ou encore la ville de sable et ses enfants de verre ou de cire qui ne vous lâchent pas d'une semelle. La variété thématique des zones est une force, et les paroxysmes de chacune d'entre elles sont mémorables.
Les niveaux alternent ces moments forts avec des passages plus calmes agrémentés de petites énigmes. Trouver la clé, envoyer votre binôme devant pour qu'il ouvre la voie... On ne s'ennuie pas. Sans que les énigmes soient particulièrement complexes ou exigeantes, reprendre son souffle le temps de trouver comment ouvrir la prochaine porte fait du bien. Le jeu propose aussi quelques passages plus dynamiques, sur votre bateau ou sur la terre ferme, où vous aurez l'obligation de vous défendre face aux horreurs.
DURÉE DE VIE ET CONCLUSION
J'ai terminé l'aventure en prenant mon temps, et le compteur affiche environ 4h30. C'est un peu court pour le prix demandé, mais l'intensité est au rendez-vous. Je tiens d'ailleurs à préciser que j'ai particulièrement aimé la fin du jeu. Sans spoiler, c'est un déferlement d'horreur organique marquant qui reste en tête bien après avoir posé la manette.
MON VERDICT
Reanimal est avant tout une ambiance pesante. Un univers sombre dont c'est à vous de définir les tenants et aboutissants. Tarsier Studios est clairement dans son élément : le bizarre, le dérangeant même. Si sa durée de vie d'environ 4h30 peut sembler un peu courte pour son prix, l'expérience est d'une telle densité qu'elle en devient essentielle pour les amateurs du genre. J'ai particulièrement apprécié la fin du jeu, qui offre une conclusion aussi surprenante que viscérale. Reanimal marque par son identité visuelle forte et son gameplay simple mais efficace. Une réussite.